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 Les contes du Couac

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Fecafatwa
Yokaï


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MessageSujet: Les contes du Couac   Mer 30 Jan - 1:57

Les Contes du Couac.


Première Partie.

Il fait sombre. Sombre et humide. Et j'ai mal à la cuisse... Je me sens petit et faible. Et je flotte. Oui, je flotte dans une sorte de bassine remplie d'un liquide étrange. Des bulles s'envollent autour de moi et s'en vont faire "plop !" à la surface. Aïe ! J'ai vraiment mal à la cuisse ! J'approche mes doigts et je sens comme une plaie, peut-être une morsure. Je ne comprends rien. Que fais-je ici ? Tiens, de la lumière commence à filtrer au dessus de ma tête, mon ciel se dégage. Une grosse main velue apparaît me masquant presque toute la lumière, me saisit et me sort de mon "bain". Elle me porte dans les airs en direction de sa tête. Ahaaaaaa ! Une tête de..... !!

Je me redresse en sursaut sur mon lit de feuilles de bambouto tressées, transpirant, ma couverture en plume de kwak toute humide. Toujours ce même cauchemar... Cette tête ignoble qui me regarde avec dégoût. Cette tête qui me rappelle tant de mauvais souvenirs... D'aussi loin que je me souvienne...

Mes plus anciens souvenirs remontent à l'époque où je vivais dans une tribu Couacs, ces proches cousins civilisés des Kwaks. Ils m'avaient trouvé tout bébé dans les bois du Litneg, blessé et pataugeant dans une bouse de Trool. Ces charmantes créatures m'avaient alors accueilli et élevé au sein de leur communauté si particulière. Je reçus le nom de Kouak es Toudi, ce qui signifie "Chevaucheur de Trool, ou presque.." en langage Couac. Je crois que c'est le nom d'un fameux Couac dont le jeu favori était de picorer les larves sur le crâne des Trools du Litneg. L'histoire ne dit pas comment il finit. Certaines choses passent sous silence. C'est la vie.

La période que je passai chez les Couacs fut parmi les plus agréables de ma vie. Leur communauté s'organisait de telle manière que les jeunes n'avaient pas de parents en particulier mais tous les membres adultes se chargeaient de leur éducation. Je reçus ainsi divers enseignements qui firent de moi ce que je suis aujourd'hui. Loucky Louac m'apprit à maîtriser les éléments liquides, aussi bien l'eau que le vin, m'aida à endurcir mon corps par de longues séances de concentration, immobile sous la chutte de cascades. J'y appris à me servir de tous les muscles de mon corps, m'offrant la possibilité d'agir même quand certain de mes membres se trouvaient immobilisés. Zouph Yrh, un autre de mes professeurs Couac m'apprit la souplesse, l'art du déplacement, m'obligeant à porter de lourds poids à mes poignets et à mes chevilles tout en conservant grace et force dans mes mouvements. Mastoctok fut mon troisième professeur. J'acquis auprès de lui la résistance aux coups, de baton, de pierre, de becs ou de griffes. Certains entrainements avec lui me portaient à la limite de l'évanouïssement et m'obligeaient à maîtriser ma perception de la douleur. Il m'apprit également à me servir de ces armes, à frapper fort et vite au baton, à percer les défences de mes adversaires à l'aide des becs qui me faisaient office de petites dagues (adversaires qui se trouvaient être des arbres, des rochers ou des marionnettes de bois articulé). Enfin, le dernier et plus important de mes mentors, Tlétléblulant, un vieux Lenald qui vivait depuis toujours dans ce groupe de Couac et qui s'y était entièrement intégré. Il avait même eu un fils avec une couac feu, mon meilleur ami à l'époque, Blazier. Le nombre de tourtes aux graines de sésames que l'on a chipé sous le nez de Madame Coucouac... ^^ Que de souvenirs ! Avec Tlétléblulant, j'appris à maîtriser le feu, à lui imposer des formes originales. J'ai énormement développé mon potentiel magique auprès de ce Lenald qui reste à jamais mon Maître. Son enseignement d'une grande sagesse est encore à la base de ma philosophie de vie. Maîtriser le feu tout en maîtrisant son tempérament. Ma vie passa ainsi, bien remplie par les enseignements de mes mentors et les bêtises que nous enchaînions avec Blaz. Cependant, cela était évidement trop beau pour durer éternellement. Et mon passé me rattrappa...

Des bworks attaquèrent notre village. Moi qui avais toujours connu la quiètude et la sagesse des Couacs, je fus frappé par ce déferlement insensé de violence, de haine et de bêtise. Ces créatures n'avaient en tête que deux choses : manger et détruire ! Et à défaut d'être mangé, le village fut détruit.. Heureusement, les Couacs savaient se défendre ! Et nous réunissîmes à repousser la vague bwork. Mon Maître Lenald fut magistral et contribua pour beaucoup à notre victoire. Il n'y eu que peu de blessés parmi nous, seules les habitations avaient lourdement souffert. Malgré tout, les plus gros dégats se firent ressentir seulement quelques temps après l'attaque. Je me mis à faire des cauchemars, tous plus ou moins similaires. Des cauchemars qui me réveillaient dans un état de stress et de peur, complètement couvert de sueur. Des cauchemars qui semblaient avoir un lien étroit avec mon passé... Après des journées entières passées ainsi, ne trouvant pas le sommeil, sans cesse perdu dans mes pensées, Tlétléblulant décida qu'il était temps pour moi de partir en quête de ma vie, de me lancer dans le monde et de trouver les réponses à mes questions. Je fis donc mes adieux à ma famille, à mon frère de toujours, promis de revenir dés que tout irait mieux, et je suivis mon maître sur les routes d'Amakna...


Dernière édition par Azkell- le Mer 20 Fév - 15:17, édité 6 fois
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Fecafatwa
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MessageSujet: Les contes du Couac [Deuxième partie (1/4)]   Jeu 31 Jan - 1:38

Deuxième Partie (1/4).

Je n'avais jamais quitté la vallée qui abritait maintenant les ruines de notre village et de mon enfance, et, ne gardant aucun souvenir de ma prime jeunesse, le monde extérieur était pour moi aussi mystérieux que les recettes exotiques de Madame Coucouac. J'éprouvais ainsi une appréhension croissante mêlée d'exitation à mesure que nous traversions les hautes montagnes qui cachaient la vallée. Il nous fallut plusieurs jours pour sortir de ce dédale rocailleux et retrouver enfin la joie des grands espaces ensoleillés. Nous marchions lentement mais durant de longues heures, nous levant avant le soleil et nous couchant en saluant la lune. Au cours de ce périple, je découvris émerveillé de toutes nouvelles peuplades, des êtres qui me ressemblaient étrangement, regroupées en classes et soumises chacunes à un Dieu. Le monde qui s'offrait peu à peu à moi m'apparaissait infini et chaque jour apportait son lot de nouvelles découvertes. Nous passâmes quelques nuits à Astrub où je perdis mon innocence dans les bras de quelques écaflipettes, où chaque coin de rue, chaque batisse apportaient des saveurs nouvelles, des odeurs ignorées. Il m'arrivait de quitter discrètement notre couche la nuit pour me perdre dans les rues, partir à la conquêtes des secrets qui me résistaient encore. Je voulais vivre la ville, la prendre dans mes bras, l'embrasser, la sentir vibrer en et autour de moi. Je découvris également la stupidité des Crieurs de l'Arche, de biens curieux personnages qui semblaient passer leur temps à hurler sans que personne ne les écoute. Astrub m'apporta également son lot de tristesse, ses mendiants, ses coins peu fréquentables, ses sombres mines où rodent on ne sait quelle maladie. Cette ville concentrait en elle tant de nouveautés et de surprises qu'il m'aurait fallu des mois pour la connaître entièrement.

Quand nous eumes suffisament de kamas pour satisfaire le passeur (nos talents de dompteurs de feu aidèrent grandement les forgerons de la ville), nous empruntâmes le pont qui menait à l'Ile de Pandala, île qui reste encore aujourd'hui pour moi le symbole même de l'exotisme ! Elle regorgeait de créatures étranges de toutes sortes, pleine de folie et de force. Cette île entrait en résonnance avec moi-même, sa division en tribus aussi opposées par leur essence que remarquables par leur puissance me rappelant les enseignements de mes professeurs. Je sentais au fond de moi que de grandes choses allaient s'accomplir ici, que mon destin allait prendre son essor dans peu de temps. Mon maître me prévint que nous allions rendre visite à l'une des personnes les plus sages de l'île, un "tlès tlès vieu maître panda", selon ses dires, qui vivait dans le sud, au coeur de Pandala eau. Après quelques jours de marche au sein de cette verdure luxuriante dont je tombais amoureux, nous parvînmes à la porte du village. Des gardes nous barrèrent le passage.
_Halte là ! Entrée réservée aux Bontariens !
_Nous venons voir Maître Pandaqua.
_Entrée réservée aux Bontariens. Faîtes demi-tour !
Mon maître alla alors voir un des soldats et le regarda dans les yeux. Celui-ci s'inclina alors avec respect et nous laissa entrer.
_Je vous prie de m'excuser Maître Tlétléblulant, je ne vous avais pas reconnu.
Je laissai alors aller ma curiosité :
_Comment vous connaît-il ? Et comment se fait-il qu'il vous laisse ainsi entrer ?
_Oh, tu sais, j'ai un jour sauvé sa soeur d'un groupe de Tifoux. Il me devait bien ça. ^^
Je n'arrivais pas bien à cerner la sincérité de mon maître mais je souris poliment.

Nous continuâmes notre route au milieu de ravissants jardins aquatiques jusqu'à un temple encadré de statues pandalas à l'air légèrement stupide.
_Ne te fie pas aux apparences, son savoir est immense. Tu dois le plus grand respect à ce maître Pandawa.
Nous entrâmes dans le temple, mon coeur battant fort dans ma poitrine. La magie et la sérénité du lieu prenaient entièrement possession de moi. Je n'osais faire le moindre bruit et redoutais chacun de mes pas qui auraient pu troubler la quiétude du lieu.
_Calme-toi. Il doit ressentir ton appréhension d'ici. Ses sens sont hors du commun.
Je calmai ma respiration et ralentis les battements de mon coeur, comme j'en avais pris l'habitude lors de nos nombreux entrainements. Nous avions d'ailleurs profité de ce périple ensemble pour continuer mon apprentissage. Chaque journée apportait ses nouvelles découvertes, chaque soir ses nouveaux enseignements. La vie auprès de mon maître m'avait permis de maitriser la douleur de notre départ et notre arrivée sur Pandala avait calmé mes nuits. Mes cauchemars étaient beaucoup moins nombreux et beaucoup moins intenses.
_Maître Pandaqua va vous accueillir, veuillez patienter un instant Maître Lenald. Il sort d'une longue méditation.
Je m'imaginais déjà le vieu sage, assis dans la position du lotus, le visage serein, d'un calme prodigieux. Mon maître, en version pandawa.
_Si vous voulez bien vous donner la peine...
Je pris une profonde inspiration et emboitai le pas à mon Maître.


Dernière édition par le Jeu 31 Jan - 21:34, édité 1 fois
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Fecafatwa
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MessageSujet: Re: Les contes du Couac   Jeu 31 Jan - 20:07

Deuxième Partie (2/4).

A
peine avions-nous franchi le seuil de la porte qu'une épaisse toison noire et chaude se colla contre nous et que deux bras puissants nous serrèrent.
_Lenald mon ami, ça fait un bail ! Entre, entre ! Ou plutôt entle ! Ah ah ha !!
Le panda qui se tenait à présent devant nous était immense, très bien fourni par la nature en terme de pilosité et sentait l'alcool de riz à plein nez ! Il nous parlait de manière enjouée, très relachée et très familière.
_Je viens de me faire une de ces siestes, j'en ai encore des Z coincés dans les bulles ! Heureusement, j'ai pris quelques petits tonneaux dont tu me diras des nouvelles. Je te sers quelque chose ?
_Non, je te remercie.
_C'est vrai, j'oubliais, l'alcool tue lentement. Mais cela ne me dérange pas, je ne suis pas pressé... Alors que deviens-tu vieille canaille ? Toujours avec tes poulets ?
_La vie suit son cours mon ami.
_Quel bon vent t'amène jusqu'ici ? Il doit te falloir une sacrément bonne raison pour quitter ton poulailler et venir pousser ma porte. On est pas vraiment voisins !
_Certes.
Fasciné, je regardais ces deux êtres fantastiques dont les passés semblaient très liés et je tentais d'imaginer à quels terribles combats ils avaient survécu, quelles douloureuses épreuves ils avaient traversées ensemble pour être aussi forts et aussi proches. Le caractère du Maître Pandawa me surprenait énormement. Jamais je ne me serais attendu à cela. Il me semblait tellement jovial, aimant les plaisirs de la vie et semblait vouloir en profiter au maximum. Il était à l'exact opposé de mon Maître sur de nombreux points. Si celui-ci m'arrivait à la taille, l'autre était deux fois plus grand que moi. La vie de mon Maître lui avait taillé un physique sec et agile tandis que le Maître Pandawa semblait lourd et puissant. Et pourtant il se dégageait de lui une telle aura de sagesse que l'on sentait monter en soi une grande humilité. J'aurais ri de leur différence de tempérament si flagrante, si le respect que j'avais pour eux ne m'avait astreint au silence.

_C'est lui.
Un silence pesant se glissa dans la pièce et sembla envelopper toute chose, si bien que la bonhomie qui avait envahi l'espace quelques instants plus tôt fut chassée irrémédiablement. Je vis la mine si souriante et rigolarde du Maître Panda se muer en un profond sérieux et l'aura qui se dégageait de lui changea du tout au tout. Sa présence s'imposait partout. Une tension éléctrisait l'air et quoi qu'il puisse alors arriver, je ne pourrais bouger aucun muscle. J'étais tétanisé. Les deux Maîtres se fixaient intensément du regard, immobiles.
_C'est Lui ?
_Oui.
_En es-tu certain ?
_Je t'en prie.
Après quelques instants qui me parurent une éternité, le Maître Panda tourna vers moi des yeux où l'on ne pouvait lire aucune hésitation, aucun doute et aucune peur. Je compris alors avec stupeur qu'il parlait de moi.
_Lève-toi et approche, jeune disciple de Féca. Montre moi ta cuisse.
Disciple de Féca ? Je ne comprenais pas... Quoi qu'il en soit, mon corps bougea sans même prendre la peine de me demander mon autorisation. Je me retrouvai alors face à lui et à son souffle puissant et alcoolisé. Je relevai mon pantalon et il se pencha pour examiner ma cicatrice de toujours, en forme de croissant de lune. Une morsure sans doute, dont je ne connaissais l'origine.
_Tu ne lui as encore rien dit ?
_Non.


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Fecafatwa
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MessageSujet: Re: Les contes du Couac   Lun 4 Fév - 19:58

Deuxième partie (3/4).

Je
sentais que quelque chose de particulier se déroulait sous mes yeux, quelque chose dont je semblais être le centre d'intêret. Les deux sages paraissaient préoccupés. Maître Pandaqua sortit de sa réflexion et me fixa intensement. Je sentais son regard me traverser de part en part. Je n'étais qu'une simple petite sousouris, immobile et fascinée par la puissance d'un grand prédateur qui se serait tenu devant moi, ma vie entre ses mains. Il me parla d'une voix calme et forte.
_Que sais-tu de tes origines ?

Je tentai de répondre mais les mots restaient coincés dans ma gorge. Je toussai et me repris à trois fois avant de pouvoir parler de manière distincte et audible.
_Je... J'ai été recueilli à ma naissance et élevé dans le village Couac où habite Maître Tlétléblulant. J'y ai passé toute ma vie et...
_Je veux dire avant cela.
_Je ne me souviens de rien, je venais tout juste de naître quand ils m'ont recueilli, je vous l'...
_Oui, tu me l'as dit. Mais ne te reste-t-il aucun souvenir ? Réfléchis bien.
_Non, je... Enfin, il y a ce cauchemar...
_Je t'écoute.

Je cherchai du regard Maître Tlétléblulant, en quête d'un quelconque secours mais celui-ci me regarda sans sourciller et hocha légèrement la tête, pour me faire signe de continuer. Je me concentrai alors sur mon cauchemar, ce cauchemar qui me suivait depuis de nombreux jours et qui avait motivé notre venue ici.
_Eh bien, je fais un cauchemar étrange dans lequel je suis un bébé qu'on essaie de faire cuire dans une sorte de marmite. Puis une main m'attrappe et me porte à une bouche qui veut me dévorer et alors je me réveille. Je... Je crois que c'est un bwork...
Le Maître Pandawa me regarda d'un air songeur. Je n'osais préciser que je me réveillais toujours en nage et le coeur battant à m'en déchirer la poitrine.
_Décris moi un peu plus en détails tes impressions. Que ressens-tu ?
Je repris une profonde inspiration et continuai.
_Je suis dans une sorte de liquide étrange, un peu plus dense et opaque que de l'eau. Il est en ébullition. J'ai mal à la cuisse et l'atmosphère m'oppresse. Je suis mal à l'aise, perdu.
_Mais la chaleur de ce liquide ne te fait pas souffrir ?
_Non.

Le grand Pandawa tourna alors son regard vers mon Maître et je sentis qu'ils échangeaient plus que de simples regards. On aurait dit que chacun cherchait dans les yeux de l'autre la confirmation de ce qu'il pensait avoir compris. Et que moi, évidement, je ne comprenais pas du tout.
_Ecoute-moi jeune Kouak es Toudi. Comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu es un disciple de la Déesse Féca. Contrairement aux autres habitants d'Amakna qui choisissent leur Dieu, tu es né sous sa protection.
Il regarda Maître Tlétléblulant.
_Il connait les mystères des runes et de l'écriture ?
_Oui. Je les lui ai enseignés.
_Alors tu trouveras tout ce que tu dois savoir sur cette Déesse dans une bibliothèque, à Astrub par exemple. Sache simplement que c'est une Déesse bonne et généreuse dont les enseignements sont centrés sur la protection. Un disciple de Féca protège ses alliés, c'est sa ligne de conduite. Ne l'oublie jamais, ou ton Dieu te reniera. Sache également que ton enseignement auprès de ton maître va s'achever et que tu vas entrer dans le premier cercle de puissance.

Face à ces révélations inattendues, je me sentais déboussolé. Une foule de question se bousculait dans la tête. Mais je savais que je ne pouvais toutes les poser et que je devais en choisir une avec minutie.
_Maître... Vous sembliez interressé par mes cauchemars. Savez-vous ce qu'ils signifient ? Ont-ils un rapport avec mes origines ? Je veux dire... D'où est ce que je viens...?
Le Maître Pandaqua resta immobile, semblant me jauger du regard.
_Je pourrais répondre à cette question effectivement. Mais ce sont tes cauchemars. Les réponses à tes interrogations sont tes réponses. Elles sont en toi.
Je demeurai perplexe et déçu. Je ne m'étais jamais vraiment posé de questions sur mes origines avant l'attaque des Bworks sur notre village. Maintenant, elles me semblaient capitales. Je me doutais bien que ces cauchemars avaient une signification particulière. Mais laquelle...

_Rapporte-moi du riz et une fiole d'alcool. De la pandheiken, cela fera très bien l'affaire. Je t'aiderai à te souvenir. Maintenant, laisse nous je te prie, nous avons à deviser ton maître et moi.
Je me levai docilement, mémorisant l'étrange requête et me dirigeai vers la sortie, après avoir respectueusement salué les deux sages. Au moment où les disciples panda refermaient les portes sur moi, il me sembla entendre comme un chuchotement.
_Un sort issu du vingt et unième cercle de puissance ! Pour un nouveau né ! Tu penses vraiment qu'il...

Mais les portes s'étaient refermées.


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Fecafatwa
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MessageSujet: Re: Les contes du Couac   Lun 4 Fév - 23:07

Deuxième partie (4/4).

Je
sortai du temple l'esprit complètement embrouillé par ce qui venait de se produire. Je ne me doutais pas encore que cet épisode allait changer ma vie à jamais. En marchant, je tentais de remettre de l'ordre dans mes idées. J'étais passé de disciple Couac d'un maître Lenald à disciple d'un Dieu dont je ne connaissais pratiquement rien. Selon Maître Pandaqua, j'étais donc destiné à devenir un protecteur... En y réfléchissant, cela me correspondait plutôt bien. Je n'avais jamais vraiment été de nature belliqueuse. Quant aux cercles de puissance, j'en avais entendu parler par des habitants d'Astrub qui se vantaient d'avoir atteint tel ou tel cercle, mais je n'en savais guère plus à leur sujet, si ce n'est que j'allais apparement faire mon entrée dans le premier sous peu. Je verrais bien. Il y avait aussi ces chuchottements précipités juste avant que je ne sorte de la salle du Maître... Mais plus important, la réponse à la question de mes cauchemars et, semblait-il à celle de mes mystérieuses origines, était toute proche.

Je demandai à un disciple pandawa où je pouvais trouver les ingrédients que m'avait demandé le Maître, et, suivant ces indications, je me dirigeai vers l'est. Après avoir traversé quelques ponts et redemandé plusieurs fois mon chemin, j'arrivai devant la roulotte d'un marchand ambulant.
_Salutations étranger ! Bienvenu chez Panda'R Nak ! Quelque chose te ferait-il envie dans mon humble boutique ? Regarde donc ces superbes crocs de Meuloufoux, une toute nouvelle espèce que j'ai rencontré lors de mes nombreux voyages ! Allez, qu'en dis-tu ? Seulement 1000 kamas l'unité ! Et parce que c'est toi, les deux pour 3000 ! Une vraie promotion !! Alors ? C'est entendu ?
_Je vous remercie pour votre offre très généreuse mais je ne suis qu'un modeste voyageur et je ne voudrais faire honte à une enseigne réputée telle que la votre en arborant un objet si rare, sujet à tant de convoitises sur la peu précautionneuse personne que je suis. D'autre part je suis extrèmement maldroit et je risquerais fort de la perdre, offrant ainsi à l'un de vos concurrents de passage, qui la trouverait assurément, une pièce qui pourrait vous faire de l'ombre s'il la vendait à son tour. Cependant j'aurais aimé que vous me fassiez l'honneur de me vendre une poignée de riz, ainsi qu'une fiole d'alcool Pandheiken.
Il me regarda d'un air louche et interloqué, puis éclata de rire, la bouche grande ouverte.
_Décidement, j'adore mon métier ! On ne me l'avait jamais faite celle-là ! Allez, je suis généreux, je t'offre ce que tu demandes. Par contre, je n'ai plus de Pandheinken, cette autre bière fera-t-elle l'affaire ? Un très bon alcool, tout aussi réputé, qui se marrie merveilleusement bien avec le riz.
_J'accepte et ne sais comment vous remercier.
_Simplement, reviens me voir. ^^ A bientôt l'ami.
_Bonne continuation à vous.

Je repartai alors, mes ingrédients en poche, en direction du temple. En arrivant, les disciples Pandawa m'ouvrirent directement les portes et m'invitèrent à aller immédiatement voir leur maître. Je retournai donc dans la salle que j'avais quitté plus tôt. Les portes étaient déjà ouvertes. Je m'arrêtai sur le seuil et m'inclinai bien bas.
_Maîtres.
_Entre Kouak es Toudi ! Entre donc ! Tu as réalisé la tâche que je t'avais confié sans difficultés ? Bien. Voilà pour toi une bourse de kamas, en remerciement pour l'accomplissement de cette quête.
J'acceptai la bourse et m'inclinai à nouveau pour le remercier de sa générosité.
_Bon alors, voyons voir... J'ai quelques talents d'alchimiste, je vais te préparer la potion dont tu as besoin. Elle aura pour particuliarité de te faire voyager à l'intérieur de toi-même, de ton inconscient et de tes rêves, à la recherche de tes origines. Attends moi là un instant je te prie.
Je m'assis sur les genoux et le regardai s'éloigner avec le riz et la fiole. Je profitai de son absence pour parler à mon Maître.
_Maître, je ne comprends pas. Vous saviez tout cela. Pourquoi ne pas me l'avoir raconté plus tôt ? Cela nous aurait éviter tout ce chemin.
_Jeune Kouak es Toudi. Tu as encore à apprendre. Ce n'est pas tant la vérité qui est instructrice, mais le chemin que tu parcourras pour l'atteindre. N'oublie pas : sois patient.
_Mais...
_Patience mon jeune ami, patience.
Je gardai en moi les questions qui fusaient dans ma tête et tentai de réfléchir aux paroles de mon Maître. La patience est une grande vertue, la montagne par le Temps est vaincue... J'admirais la sagesse du vieu Lenald et ésperais pouvoir me targuer un jour d'en savoir autant que lui. Mais bientôt, la révélation. La potion du Maître Pandawa, et la clef de mes problèmes actuels. Ce chemin-là au moins, il ne serait pas long à parcourir.

_Approche Kouak es Toudi.
Je me levai et m'avançai près du grand pandawa qui venait de revenir dans la pièce avec nous. Je tendis la main vers la petite fiole bleue fumante, aux formes étranges et m'allongai sur les feuilles de bulbambouto. Je portai enfin la potion à mes lèvres.
_Cela risque de te faire tourner un peu la tête avant de t'endormir à moitié. Tu vas replonger dans ton passé, ce ne sera pas forcément agréable. Mais tu sauras. A toi de décider.
J'étais décidé. Je bus la potion d'une traite. Elle avait un goût de jus de pissenlit alcoolisé et coulait dans ma gorge comme du miel. Je sentai les effets me monter rapidement à la tête. C'était étrange quand même. Aucun des alcools de Maître Loucky Louac ne m'avait jamais fait autant d'effet aussi rapidement. Ma tête tournait de plus en plus et ma vision commençait à se brouiller.
_Mais... Mais... Il disparaît ! Oh non ! Jeune imbécile, je ne t'ai jamais demandé de me ramener de la pandaburg !!

Sa voix disparut, comme un lointain écho. Cette fois-ci mon corps entier tournouillait complètement dans les airs ! Il n'arrêtait pas, il tournait il tournait il tournait ! Je ne voyais plus du tout ce qui m'entourait. J'étais perdu, comme en suspension, sans le moindre repère. Et soudain, cela cessa net. Je tombai sur le sol, assommé par l'étrange expérience qui venait de m'arriver. Il était beaucoup plus dur qu'il n'aurait dû l'être. Plus rugueux et plus sale également. Je me relevai en m'appuyant sur un mur voisin, la tête me tournant encore un peu, et j'ouvris péniblement les yeux. Le choc ! C'était comme si tous mes sens s'étaient réveillés d'un seul coup ! Que de bruit, de chahut et de lumière autour de moi ! De puissantes odeurs régnaient dans l'air ! Des dizaines, que dis-je, des centaines de personnes passaient devant moi, allaient, venaient, pressées, sans m'accorder le moindre regard. J'aurais été transparent que je n'aurais senti la différence. Etais-je à Astrub ? Non, ça n'avait rien à voir avec Astrub ! J'arrêtai un passant avec un poulpe rouge sur la tête.
_Excusez-moi, pouvez-vous m'indiquer où je me trouve ? Ce n'est pas Astrub, n'est-ce pas ? Où suis-je ?
_Astrub ?! Bien sur ke nn ! c pr lé noobs sa ! Ahah !! Té a Bonta mon vieu !
_Bonta ?
_Oui, Bonta, la Ville Eternelle !


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MessageSujet: Re: Les contes du Couac   Mer 26 Mar - 0:57

Troisième partie (1/4).

Folle !
Si je n'avais qu'un mot pour décrire Bonta, c'est assurément celui que j'emploierais. Les gens filaient à toute allure et en tout sens. Autour de moi tout remuait, s'agitait, trépignait, courrait, crachait, criait, insultait, se battait... La foule des inconnus me pressait de tous côtés, m'emportait, m'oppressait. Mon pied était écrasé à gauche par la botte d'un malheureux pressé, un passant immense me bousculait d'une épaule, un autre m'insultait pour mon immobilisme.
_Hey ! Fégaf a twa ! Tu é dan le chemin !! Kas toa !
Je me sentais comme une ridicule arakne au milieu d'un océan de tant d'autres, subissant sans cesse comme un phénomène de marrée humaine. En plus de me sentir perdu dans une cité inconnue, j'étais isolé parmi la multitude. M'extirpant de la masse, je me lançais dans la découverte des lieux. Je déambulais dans les rues immenses de la cité et chaque coin de rue attirait mon attention, chaque nouvel espace annonçait de nouvelles odeurs et de nouveaux sons. Sous chaque regard se cachait une merveille à mes yeux. Ici crépitait un feu d'artifice improvisé, là se provoquaient en duel de puissants guerriers, et encore là s'époumonaient de jeunes aventuriers en quête de tel objet ou de telle denrée. J'avais connu Astrub, cela n'avait rien à voir. Je m'étais perdu dans Astrub, je me noyais dans Bonta. Mes sens s'étaient émerveillés de nouvelles sensations à Astrub, ils s'étouffaient ici de tant de richesse. Bonta était vie, énergie, puissance mais également bêtise. Tout y était démultiplié à l'infini et semblait se répéter encore et encore et pourtant toujours différement !

J'étais à la fois grisé et complètement perdu dans cette jungle d'un nouveau genre, une jungle urbaine bien plus oppressante que la douce magie de Pandala. Mes sens étaient trop solicités et je commençais à m'étourdir. Je m'assis près de l'étale d'un marchand de potions.
_Mais vas-tu donc partir petit ?! Tu fais fuir les clients avec ta mine de chafer !
_Excusez-moi Monsieur, je...
Je me relevais doucement en tentant de garder l'équilibre. Il faut dire que je ressentais encore un peu les conséquences de mon étrange arrivée ici.
_Humm tu ne m'as pas l'air du coin toi. D'où viens-tu ? Si tu veux j'ai de merveilleuses potions qui te remettront d'aplomb en un rien de temps ! Contre quelques menus kamas évidement...
Je regardais le vendeur qui me parlait, l'air un peu ahuri.
_Je vous remercie mais ce ne sera pas nécessaire. Je suis simplement fatigué. Connaîtriez-vous un moyen de se téléporter ? Je vais sans doute vous paraître stupide, mais je crois que je me suis téléporté ici... Ah regardez ! En buvant une potion bleue comme celle-là !
Il regarda désabusé la potion que je lui indiquais, comme si j'étais la personne la plus stupide du monde. Et le monde m'apparaissait encore plus vaste maintenant, ce qui n'était en ma faveurs à cet instant.
_Ah ça, une popo bonta quoi. ça sert à te téléporter instantannement à Bonta. Tu en veux quelques unes ? J'en ai justement une dizaine en promotion.
_Non merci, c'est gentil à vous. N'auriez-vous pas plutôt des potions pour se rendre à Astrub ou à Pandala ?
Cette fois-ci, il me sembla bien lire dans son regard que je venais de passer dans la case imbécile certain, et je ne me sentais pas près d'en sortir.
_Non j'ai des popo de rappel si cela peut t'aider, mais je doute que tu aies mémorisé le zaap assossié, non ?
Je sentais que j'allais aggraver encore plus l'image que ce commerçant avait de moi, mais au point où j'en étais, j'aurais pu me permettre les questions les plus fantaisistes que cela ne l'aurait pas vraiment surpris d'avantage.
_Une zaap...?
_UN zaap ! Bon tu me fais perdre ma patience et mon temps, va poser tes questions ailleurs ! Ah la la les nouveaux je vous jure...
Je m'éloignais du vendeur qui avait déjà attrappé un autre client potentiel. Bonta n'était pas seulement un chaudron de sensations nouvelles, je découvrais qu'elle était également pour moi un endroit des plus mystérieux, dont il faudrait assurement que je perce les secrets.

Je continuai mon expédition dans la ville errant de place en place, allant de découvertes en découvertes. La cité était ainsi divisée en différents quartiers, tous assossiés à une profession. On trouvait ainsi l'atelier des tailleurs au centre, proche de son hotel de vente, qui lui-même faisait face à l'atelier des cordonniers. Et si l'on remontait un peu la rue, on tombait sur l'hotel de vente des cordonniers. Alors venait la banque, une énorme batisse en comparaison avec son homologue sur Astrub. Mais par je ne sais quelle magie des choses, on pouvait y ouvrir un compte auquel on pouvait accéder de n'importe laquelle des deux banques.
_Et de bien d'autres encore...
M'avait glissé le banquier, un brin de malice pointant sous ces étranges lunettes. De Bonta je percevais l'immensité d'un monde que je n'arrivais pas à me représenter. J'espèrais secrêtement avoir un jour l'opportunité de le découvrir par moi-même. Autour de la banque gravitait tout le reste. Le quartier des bucherons et des sculpteurs plus au nord, le quartier des mineurs et des forgerons à l'est. Quant aux bijoutiers et aux mystérieux alchimistes, ils se trouvaient plus à l'ouest, près du quartier de la milice où j'avais "atterri".

Je m'arrêtai dans le coin d'une rue un peu moins fréquentée que les autres pour souffler un peu de ma longue journée et refaire le point sur les derniers évènements. La soleil commençait à décliner et les révélations du Maître Pandawa me semblaient d'une autre époque et d'un autre monde. J'étais perdu dans une ville gigantesque, où je ne connaissais personne. Je n'avais sur moi que les quelques kamas que m'avait offert Maître Pandaqua, et le sommeil me gagnait grandement. La faim également, mais je ne me sentais que le courage d'aller dormir pour reposer mon esprit. Le lendemain, je devrais trouver un moyen de retourner chez moi.
Je me renseignai donc sur une enseigne peu couteuse mais correcte et c'est ainsi que je me retrouvai assis sur un lit un peu dur dans une pièce dans laquelle s'entassaient trois autres lits, pour le moment inoccupés. Je m'allongeai dessus en songeant à ce qui m'attendait le lendemain. -Demain, les choses s'arrangeront. Je trouverai un moyen de rentrer. Demain...- Et sans vraiment m'en rendre compte, la fatigue fit taire mon estomac et m'emporta dans un sommeil sans rêve.
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Fecafatwa
Yokaï


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MessageSujet: Re: Les contes du Couac   Ven 24 Oct - 15:23

La suite bientôt sur vos écrans...


[Edit : Merci aux membres de Dilune de ne pas
répondre à la suite de ce post, j'ai ouvert un autre post pour vos
commentaires, ceci pour faciliter la lecture de cette candidature. Azkell]

[Edit
: J'ai retiré la candidature pour me faciliter la tâche. Je la
reposterai quand les contes seront terminés. Les aventures se
poursuivent et l'action sera au rendez-vous ! Bonne lecture ! Fecaf]
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Les contes du Couac

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